lunes, 20 de febrero de 2017

deux poèmes de paul verlaine

Automne, chemin à travers les bois, 1876
Camille Pissarro  


En sourdine

Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,
Pénétrons bien notre amour
De ce silence profond.

Fondons nos âmes, nos coeurs
Et nos sens extasiés,
Parmi les vagues langueurs
Des pins et des arbousiers.

Ferme tes yeux à demi,
Croise tes bras sur ton sein,
Et de ton coeur endormi
Chasse à jamais tout dessein.

Laisson-nous persuader
Au souffle berceur et doux
Qui vient à tes pieds rider
Les ondes de gazon roux.

Et quand, solennel, le soir
Des chênes noirs tombera,
Voix de notre désespoir,
Le rossignol chantera.


A la sordina

Sosegados en la media luz
que procuran las altas ramas,
penetremos bien nuestro amor
de este silencio profundo.

Fundamos nuestras almas, nuestros corazones
y nuestros sentidos extasiados,
entre la vaga languidez
de los pinos y los madroños.

Cierra los ojos a medias,
cruza los brazos sobre el pecho,
y de tu corazón adormecido
aleja para siempre todo propósito.

Dejémonos persuadir
al soplo arrollador y dulce
que viene a tus pies a rizar
las olas de hierba roja.

Y cuando, solemne, la noche,
de los robles negros caiga,
voz de nuestra desesperanza,
el ruiseñor cantará.


L’heure exquise

La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée...

O bien-aimée.

L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure.

Révons, c’est l'heure !

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise.

C’est l’heure exquise.


La hora exquisita

La luna blanca
luce en los bosques;
de cada rama
parte una voz
bajo el ramaje...

Oh, bien amada.

El estanque refleja,
profundo espejo,
la silueta
del sauce negro
donde el viento llora.

¡Soñemos, es la hora!

Un vasto y tierno
sosiego
parece descender
del firmamento
que el astro irisa.

Es la hora exquisita.


Traducción de niki